Daniel Dautreppe (1921-1975)

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Daniel Dautreppe was a physicist in the CEA-Grenoble who founded the series of seminars (that later became the Séminaire Dautreppe) to expose young physicists in Grenoble in the latest scientific ideas.

                           Daniel Dautreppe
He defended his PhD thesis in Grenoble in 1956, and worked in the CEA-Grenoble, becoming head of the CEA’s Département de Recherche Fondamentale sur la Matière Condensée (Department of Fundamental Research in Condensed Matter Physics) from 1971 to his death in 1975.  He founded this seminar series in 1969, it was initially known under the name Lumbin, but it was renamed Seminaire Dautreppe in his honour after his death.



Daniel Dautreppe (par Michel Belokhovsky 2005)

Pour quelques détails sur la vie et l’œuvre de Daniel Dautreppe, vous trouverez une vidéo d’un hommage à Daniel Dautreppe rendu par Michel Belokhovsky à l’occasion du séminaire Dautreppe : Physique du vivant : molécules, assemblages, signalisation, réseaux (26-30 septembre 2005). Le texte rédigé par Michel Belokhovsky pour cet événement (avec des liens supplémentaires) est ici :


Daniel Dautreppe (1922-1975), issu d’un milieu modeste, vient à Grenoble après sa formation à Supelec, pour préparer sa thèse (soutenue en 1957) sur la résonance quadrupolaire et ses applications. Son travail expérimental est fait en binôme avec Bernard Dreyfus pour la théorie.

Louis Néel lui confie alors la direction du laboratoire qu’il venait de créer, la Section de Physique du Solide, situé au dernier étage de l’Institut Fourier, l’embryon du futur «CENG».

Un aspect majeur de sa contribution scientifique a trait aux défauts dans les cristaux, par irradiation aux neutrons rapides. Outre l’importance appliquée (réacteurs nucléaires), ces études ont revêtues un caractère fondamental : nature des défauts, leur déplacement et les modifications associées des propriétés physiques des solides. Cela a nécessité la mise au point, avec L. Néel et J. Paulevé – et le support de la cryogénie (Doyen Weil) – d’appareils très sensibles, pour mesurer les propriétés physiques des solides irradiés.

Daniel Dautreppe alliait à sa compétence en physique, un grand souci de l’humain. On retiendra aussi qu’il était à la fois un homme de passions, et un grand bâtisseur.

Les passions

Elles n’ont pas été que scientifiques. D. Dautreppe s’est enthousiasmé, en arrivant à Grenoble, pour … le ski, plus tard pour l’aviation et enfin la politique locale. Au plan scientifique, ce furent les problèmes de défauts dans les solides, la théorie des Groupes, la théorie des bandes et les semi-conducteurs. Vers la fin de sa vie, il a aussi porté son intérêt sur les sciences du vivant.

Le bâtisseur

Dautreppe s’est d’abord attelé au développement du laboratoire de Physique du Solide, lançant 3 axes de recherche, en complément du magnétisme cher à Néel : l’étude des défauts dans les solides, (dans la mouvance de J. Friedel), l’irradiation des matériaux (aux électrons et bien sûr aux neutrons de Mélusine) et les semi-conducteurs. Ce dernier thème, les semi-conducteurs, mérite une attention particulière. C’est en effet Dautreppe qui, avec Michel Cordelle, a convaincu Néel de créer le LETI en 1963. On en connaît la suite, ses avatars les plus récents étant ST-Microelectronics, MiNaTec et Minalogic.

Si l’on ne parlait pas alors de «Politique de site», Dautreppe l’a incarné dans les faits, en ayant le souci d’une ouverture locale. A l’origine du «GAM» (Groupe d’Action Municipal), Dautreppe y a encouragé Hubert Dubedout à se présenter, en 1985, à la Mairie. Là aussi, on connaît la suite …

Un aspect marquant de l’ouverture scientifique locale est l’intérêt porté par Dautreppe à la Société Française de Physique. Il est le père du séminaire dit de « Lumbin » qui aujourd’hui porte son nom, séminaire qui nous rassemble aujourd’hui, en 2005, pour la 37ème fois ! : la 1ère édition (1969) a été reprise depuis chaque année par le bureau de la SFP-Alpes.

Pour terminer, il faut bien percevoir la grande dimension de Daniel Dautreppe, rassembleur en créant le Département de Recherche Fondamentale (DRF) dont il a été le chef (le «DRFMC» d’aujourd’hui), il a aussi été capable de « perdre » de la substance au profit du LETI, autour d’une personne clé, Max Verdone.

Autrement dit, Daniel Dautreppe avait de l’ambition pour la physique et la science en général et non pour lui à titre personnel. Enfin, c’était un homme charmant quoique, parfois, sous des apparences bourrues, et pour beaucoup dont je fais parti, un patron qui était aussi un ami.


Note: Michel Belakhovsky tiens à remercier les personnes qui m’ont fourni des éléments pour cette évocation de Daniel Dautreppe : Jean Paulevé, Max Verdone, Pierre Peretto, Christian de Tassigny.